14/07/08
"Choisir par omission"
Être toujours et encore surprise par ce que l'on peut trouver par hasard en errant dans le vaste océan.
Découvrez Various!
Je lis en boucle Passoa, c'est un virus contagieux, je joue à la Bible tous les matins, ouvrant au hasard, me persuadant de continuer pour l'adolescence de ce que je lis, comme des souvenirs que j'aurais déjà lus.
"De l'art de bien rêver (2)
Ajourne toute chose. On ne doit jamais faire aujourd'hui ce qu'on peut aussi bien négliger de faire demain.
Il n'est même pas besoin de faire quoi que ce soit, ni aujourd'hui ni demain.
Ne pense jamais à ce que tu vas faire. Ne le fais pas.
Vis ta vie. Ne sois pas vécu par elle.
Dans la vérité et dans l'erreur, dans le plaisir et dans l'ennui, sois ton être véritable. Tu n'y parviendras qu'en rêvant, parce que ta vie réelle, ta vie humaine, c'est celle qui, loin de t'appartenir, appartient aux autres. Tu remplaceras donc la vie par le rêve, et ne te soucieras que de rêver à la perfection. Dans aucun acte de la vie réelle, depuis l'acte de naître jusqu'à celui de mourir, tu n'agis vraiment : tu es agi ; tu ne vis pas : tu es seulement vécu.
Deviens aux yeux des autres un sphinx absurde. Enferme-toi, mais sans claquer la porte, dans ta tour d'ivoire. Et cette tour d'ivoire, c'est toi-même.
Si l'on vient te dire que tout cela est faux, est absure, n'en crois rien. Mais ne crois pas non plus ce que je te dis, car on ne doit croire à rien.
(...)"
J'ai un ami qui gravait sur les tables d'une autre vie : "choisir, c'est renoncer"...
"Examen de conscience
Vivre la vie en rêve et la vivre faussement, c'est quand même vivre la vie. Abdiquer, c'est encore agir. Rêver, c'est avouer le besoin de vivre, en substituant la vie irréelle à la vie réelle, et l'on compense ainsi ce qu'a d'inaliénable le vouloir vivre.
Qu'est-ce que tout cela sinon la recherche du bonheur ? Et y a-t-il un homme au monde qui cherche autre chose ?
La rêverie continuelle, l'analyse ininterrompue m'ont-elles donné quelque chose d'essentiellement différent de ce que la vie m'aurait donné ?
Je me suis séparé des hommes, mais ne me suis pas trouvé. (...)"
Découvrez Sacha Guitry!
Toutes les photos sont de Désirée Dolron, connue surtout pour ses portraits, dont la perfection du traitement de la lumière font croire à la peinture, mais le génie ne saurait se limiter à la composition de tableaux parfaitement immobiles et sa série "Exaltation" perturbante mais fascinante est à voir à tout prix, au delà du sang.
19/05/08
divers. je perds les fils. on continue.
"Un silence s'installa, comme si l'on venait de jeter un caillou dans un puits insondable. Trente secondes plus tard, la pierre heurta le fonds."
Eraserhead de Lynch passe devant mes yeux, "i don't get David Lynch", dit-il, tandis que certains endroits n'ont pas encore livré tous leurs secrets :
La télévision fait son entrée dans mon quotidien.
Grande nouveauté, intérêt mitigé.
Exemple subjectif : traitement de la crise du tremblement de terre par pas moins des 10 chaînes chinoises qui me parviennent
J1 : JT de midi des chaînes diffusant en anglais, en espagnol et en français (les CCTV) + JT variables des chaînes en chinois et mentions ponctuelles des présentateurs (jeux télévisés, talk-shows, films et séries télé continuent -sans coupures parfois- globalement pour les chaînes). Les images du JT montrent des secouristes entourés d'une nuée d'appareils photos, souvenirs de corbeaux paparazzi, sauf que ce n'est pas l'endroit, mais ça l'est.
J2 : coupures de toutes les chaînes internationales ainsi que des chaînes diverses (China Movie, etc) pour ne conserver que 3 chaînes nationales où sont diffusés pour l'une des documentaires, pour l'autre un JT continu et pour la dernière une sorte de "téléthon" avec chorale de chanteurs pop
J3 : toutes les chaînes évoquent le drame (quelques une ont encore d'autres programmes), le JT s'ouvrent sur un coeur en bougies sur le bureau du présentateur, les chanteurs se relaient toujours, ils ont des chemises rouges estampillées désormais. Beaucoup d'images des bureaux de dons, des files de personnes qui glissent des billets dans une urne, le plus souvent transparente, je compare le nombre de billets par type de personnes (urne des policiers, urne des collégiens, urne des office ladies, urne des politiques...)
J4 : il n'y a plus d'autres programmes, information en continu, images d'écoles de fortune et explication du fonctionnement des pillules de décontamination de l'eau, il n'y a plus de paparazzi corbeaux dans les plans de secouristes, une femme enceinte a été retrouvée dans un village lointain en t-shirt orange vif
Je réfléchis en écoutant les crépitements d'un disque particulièrement rose, d'autres modulations moins heurtées, puis les cordes d'un Gayagum en ignorant les commentaires irritant sur la géopolitique de la péninsule. Vus de loin les enterrements se ressemblent tous un peu, parfois.
"Elle dormait les bras croisés, sur le siège en face de moi. Le soleil de ce matin d'automne jetait à travers la fenêtre un léger voile de lumière sur ses genoux. Un papillon de nuit venu d'on ne sait où voltigeait aux alentours comme un bout de papier tremblant dans le vent. Le papillon se posa bientôt sur son sein, s'y reposa quelques instants avant de repartir comme il était venu. Le papillon disparu, j'eus l'impression qu'elle avait imperceptiblement vieilli."
Je lisais (il faut lire, particulièrement juste et creusée est l'analyse) et j'ai oublié le lait sur le feu.
photos de Elina Virtanen, via a favourite place of mine, where 'some really good songs are posted out of love'
28/02/08
youpitralala (je manque d'inspiration)
Tada ! De retour ! Des fois, il y a trop de nouvelles en même temps pour réfléchir à quoi que ce soit, et le bloggisme s'éloigne un peu, mais juste un peu !
En effet, sachez en vrac que je retourne à Strasbourg déjà, pour de bon ou en tout cas pour un bout de temps, Clermont dans le rétro, il y a des choses que je regretterai sans le moindre doute (les amis, les thés, les smoothies, les amis, la cuisine de mon oncle, mes cousines, les amis, les expos, le rugby, les amis...), j'ai eu le temps de goûter aux ramen fait maison du Maiko de Clermont, enfin! après trois tentatives infructueuses où il n' en avait plus au moment où on arrivait... et bien c'était bien bon ! Je replonge dans l'illustration aussi, comme un poisson dans l'eau et avec un enhousiasme non dissimulé, avec un job à la Grande Bibliothèque qui va ouvrir ce printemps. Je me suis trouvé un petit appartement aussi, meublé par un designer d'espaces pour enfants, du coup j'ai une super cuisine rose ! Je galère un peu pour m'assurer un raccordement le plus rapide possible à internet mais bon, on va s'arranger.
Mais il y a d'autres nouvelles qui m'ont étonnée et réjouie, de manière un peu cruche mais où je me suis dit, il y a plein de petites choses positives autour de moi en ce moment !
Avant-hier déjà j'ai reçu un mail de Seyhmus Dagtekin, qui existe bel et bien et dont j'avais parlé ici, je ne sais pas du tout comment il a eu mon mail mais je dois avouer que j'ai dû m'y reprendre à deux fois pour être bien sûre que je ne rêvais pas ! Quand on admire le travail de quelqu'un et que soudain on se découvre dans son carnet d'adresses, je vous assure que ça fait un choc ! Enfin bref, le tout était pour m'informer, en tout bon hors média que cela soit, d'une soirée de lecture de la compagnie Résonances ce vendredi 29 mars au 8 rue Camile Flammarion dans le 18ème à Paris, initiant une série de rendez-vous similaires de "Poètes en résonances" jusque juin (je mets le flyer en image, cliquez pour voir en grand). Je ne pourrai pas y aller mais je vous encourage, je ne saurais trop dire combien j'admire Dagtekin et me fie à son goût pour les poètes talentueux à découvrir dans son sillage.
Une autre nouvelle que j'ai apprise par hasard mais avec immense joie très mais alors très cruchonne, je préviens d'emblée. J'avais dit un jour que j'expliquerais pourquoi Sydney Pollack était merveilleux et combien Daniel Henney était absolument délectable... Pour le 1er, je ne me lancerai pas encore tout de suite, mais pour le second, l'explication ne sera peut-être pas nécessaire au final ! puisque cet être charmant, sympathique, et surtout incroyablement séduisant va jouer dans le film Wolverine et que du coup, le monde entier va pouvoir découvrir à quel point il s'agit là d'un spécimen rare de Mr Perfect (en reprenant l'un de ses films). Il n'a pas fait que de bons films, ok, il est parfois un peu trop
parfait pour être honnête, peut-être... Mais il a l'incroyable mérite d'avoir joué dans ma série coréenne préférée, My Name is Kim Sam-soon, que je re-regarde encore et encore depuis 3 ans sans me lasser, ce qui est très fort pour un drama, convenons-en. Et surtout, au-delà d'avoir un physique parfaitement décent, si ce n'est plus, ce garçon a un sourire à vous illuminer une pièce. Et puis son dernier film en Corée que j'ai vu de lui était très bien, sur le parcours d'un métis qui cherche à retrouver ses racines, vraiment très bien joué, il a fait des progrès indéniables...
Enfin bref, je suis toute contente et tout fière de lui sans aucune raison valable, et vous savez quoi ?
Être content sans raison valable, ça fait un bien fou !
Ce clip est une espèce de bonbon de St Valentin en retard on va dire, avec plein de sucre et une once de sentiment de culpabilité parce que c'est vraiment pas le genre de musique qu'on peut citer dans une conversation, mais plutôt le genre qui fait sourire mes amis quand j'en parle mais je suis persuadée que ça peut soigner de plein de choses, la barbe à papa auditive.
Ingrédients : la voix d'Alex de Clazziquai, groupe que j'aime bien, qui fait de musique "fusion" majoritairement pop mais avec plein de petits ajouts qui valent le coup - dont une tentative de français pour une des transitions de leurs albums avec cigarette et ambiance dépressive, on voit l'image de la France ! ; Daniel Henney qui fait des clins d'oeil toutes les 5s. et qui surtout surtout explose son micro en essayant de faire un mouvement bien classieux en direction de la caméra (on peut pas avoir l'air stylé tout le temps en Corée, faut toujours le déail qui casse le truc j'ai l'impression) ; et la plus que charmante Uhm Jung-hwa, qui a l'air toute choupy cruche à faire le chaton mais qui a un indéniable sens des affaires quand on voit le compte en banque que lui a fait sa marque de lingerie récemment (j'ai bien aimé son dernier film, par ailleurs, très sensuel, comme toujours avec elle). Le tout fait la bande son du film Mr Perfect, idéal pour les accros aux comédies romantiques, sans détrôner les spécialistes anglais pour autant, entendons-nous bien.
Pour conclure, Vive la Cruchitude de temps en temps !
31/01/08
L'art comme question de confiance
J'ai trouvé ceci par hasard hier, et je me suis dit que tel était un bien beau programme pour la nouvelle année, les nouvelles perspectives se dessinant de manière confuse encore mais enthousiasmantes pour le moins.
Soeur Morita Kent m'a tout l'air d'être un personnage tout à fait singulier, et ses travaux intéressants également
28/01/08
Tout le monde devrait regarder 'En route pour la Norvège.' / Absolument. 'En route pour la Norvège' est une bonne émission.
Une chute de vélo, la mort du père et ses conséquences.
Ou comment Doppler, être masculin norvégien 'normal' tendance bobo, avec vaste compte en banque norvégien, maison rénovée norvégienne, femme norvégienne enceinte, adolescente norvégienne déguisée en elfe et mini-Gregus norvégien mais encore récupérable, se retrouve dans la forêt avec un élan pour meilleur pote.
Ou encore "celui qui acceptait sa misanthropie fondamentale comme premier pas vers une autre vie".
Doppler, roman norvégien épatant de Erlend Loe, aux éditions Gaïa.
Une seule chose à ajouter :
Ne vous moquez pas juste à cause de cette histoire d'élan - Lisez-le, vraiment.
"J’ai fait tant et tant de choses.
Je me suis tellement appliqué.
Je me suis tellement appliqué que c’est à en gerber.
Je me suis appliqué au jardin d’enfants. Je me suis appliqué à l’école primaire. Je me suis appliqué au collège. Au lycée, je me suis abominablement appliqué. Je ne me suis pas appliqué que scolairement, je me suis aussi appliqué socialement. Et je me suis appliqué sans pour autant être un moule à gaufres, sans bachoter, sans me contenter de bosser ce qui était au programme. Car si j’étais appliqué, j’étais parfois rebelle, insolent, j’avais envers mes professeurs un comportement à la limite de l’admissible ; et pourtant, ils m’aimaient plus que les autres, et pour arriver à ça, il faut être appliqué sur un mode incommensurablement immonde, me dis-je aujourd’hui avec effroi. J’ai été appliqué dans mes études universitaires, au cours desquelles j’ai fait la connaissance d’une petite copine super – appliquée, avec qui je me suis marié d’une manière appliquée, entouré d’amis appliqués, après qu’on m’a proposé un job appliqué qui m’a permis de faire un bras d’honneur appliqué aux autres jobs appliqués. Plus tard nous avons eu des enfants, que nous avons élevés de façon appliquée et une maison que nous avons rénovée de façon tout aussi appliquée. Pendant des décennies, j’ai pataugé dans cette mare d’application. Je me suis réveillé dedans, et je me suis endormi dedans. Je respirais l’application et, peu à peu, j’ai perdu la vie. Voilà au train où sont allées les choses, voilà comment aujourd’hui je vois les choses. Que Dieu interdise à mes enfants d’être aussi appliqués que moi. (…) l’application est addictive, on devient applicationo – dépendant. Dès l’instant où l’on est devenu appliqué, il n’y pas de limites à ce que l’on est en état d’accomplir pour continuer de recevoir de la part de son entourage des retours positifs sur l’application dont on a fait preuve. L’application est une spirale qui s’autonourrit, s’autoamplifie, et qui n’éprouve jamais le besoin de connaître l’achèvement.
On peut être appliqué en tant qu’élève et en tant qu’étudiant, puis l’être dans la vie professionnelle, syndicale et associative ; on peut être appliqué dans son rôle de partenaire, d’ami, d’époux, de parent, de consommateur, en fait, il n’y a rien qu’on ne puisse pas faire d’une manière plus appliquée que les
autres ; on peut vieillir en s’appliquant, on peut être malade en étant appliqué et on peut mourir avec application, ce que j’aurais indubitablement fait si je n’étais pas tombé de vélo et si je ne m’étais pas cogné la tête. Ce qui, désormais, n’arrivera jamais. Je vais mourir sans m’appliquer, et plus jamais je ne m’efforcerai de parfaire quoi que ce soit tant que je vivrai. Dorénavant, je ne vais plus rien parfaire, rien. J’ai parfait pour la dernière fois et je me suis appliqué pour la dernière fois."
Doppler, roman norvégien épatant (bis) de Erlend Loe, aux éditions Gaïa.
19/01/08
à terre d'un direct dans les pupilles
ce que j'ai dans les yeux en ce moment...
...des illustrations de Vana Zouravliov et de Jin-young Shin et des photographies de Rebecca Méndez et de Penelope Umbrico...
... et les images lointaines d'un Japon occupé que livre John W. Benett.
18/12/07
Où il est question de bisons...
J'aime les coïncidences et de ce nouvel ajout récent à ma discothèque qu'est Moriarty, j'ai été surprise de trouver un écho graphique chez David Fullarton découvert le lendemain même !
PS : Milk Tooth, le cd des très très bien Katawumpus vient de sortir là tout de suite maintenant et ça c'est une bonne nouvelle aussi !
17/11/07
Where the worms are

...deux découvertes coup sur coup qui se répondent parfaitement...
Kris Kuski maîtrise tant et si bien le réalisme le plus photographique comme le grotesque des jugements derniers d'apocalypse et le crayon sur la feuille qu'il transforme la précision graphique en gravure dignes de la Renaissance la plus troublée de gisants et de décharnés, bienvenue dans le fantastique des danses macabres du XXIème siècle...
Son Jugement Dernier m'a irrémédiablement fait penser au Zeus et Sémélé de Gustave Moreau qui surplombe mon bureau dans les Vosges, superbe et hiératique, atroce et magnifique.
Sil van der Woerd, en réponse et parallèle, qui, après le déjà intéressant objet visuel Swim, a tout récemment réalisé une superbe vidéo pour la chanteuse Lolly Jane Blue, Worms : sombres visions, hiératisme et superbe là aussi, on y verra des échos d'images précédentes...
28/10/07
Et bleu est je
Avant de quitter Remirement, j'avait pris plusieurs photos, très bleues. Le hasard d''un reflet lumineux, qui rencontre aujourd'hui un hasard de lecture.
Alors j'ai croisé certains mots de Michèle Dujardin, en exergue aujourd'hui dans les notes en fuite qui me redonne l'envie de lire quand elle s'affaiblirait. Et j'ai retrouvé les photos qui dormaient.



22/10/07
Suivre le chemin
Lorsque j'étais enfant et que j'allais en classe verte, j'ai été une enfant chanceuse qui allait en classe verte, je ne prenais que des paysages en photos, il n'y avait aucun humain dans mes contemplations d'appareil jetable. Ma famille s'est est inquiétée, a trouvé ça étrange, pas naturel, pas sain, on m'a gentiment mais fermement fait comprendre que ça n'était pas bien. Alors j'ai peuplé mes souvenirs d'êtres humains rassurants pour les développeurs de pellicule...
Je regrette ce sentiment de culpabilité qui monte encore en moi à chaque photo prise sans humain la peuplant, c'est handicapant, comme une main qui m'arrêterait encore au moment du déclencheur, le regard du censeur, la bienséance photographique.
Sara Wight va "beyond the horizon" et je regarde par ses yeux ces étendues qui me rassurent, plus que nombre d'êtres humains, n'en déplaise à l'autorité familiale.
Et je me dis que plus tard, je ne dirai pas ce qui se photographie ou pas, j'aimerais juste apprendre à regarder, que le cadre soit ou non peuplé, apprendre à regarder. 











