elsia

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20/05/13

L'Iccu alerte sur la fin possible du Catalogue collectif italien

Les bibliothécaires ne sont pas des gens qui se plaignent beaucoup. Dans la vastitude de la fonction publique, les emplois patrimoniaux ne sont pas réputés pour être extrêmement vindicatifs. Et pourtant. Il y a des situations qui méritent l'indignation et l'inquiétude.

Depuis plusieurs années déjà, les sonnettes d'alarmes s'allument les unes après les autres en Italie quant à la situation financière des institutions culturelles et l'impact dramatique qu'en subit le patrimoine national et sa conservation. Le cas particulier de Pompéi, qui est régulièrement relayé dans la presse, est pour ainsi dire l'arbre qui cache la forêt du désastre patrimonial... S'il ne doit en rester qu'un, ce sera celui-là (et quel arbre !) mais néanmoins il y a des sujets bien moins glamour que Pompéi mais extrêmement significatif de la gravité de la situation.

Ainsi on peut dire que les Bibliothèques sont noyées dans les affres de la crise de la Culture en Italie, bien moins visibles que les sites archéologiques, plus "intangibles". Il y a eu des rebondissements qui donnaient dans le burlesque mais commaissaient à inquiéter. Maintenant on peut le dire, l'heure est grave et la dernière annonce en date le prouve...

L'Institut en charge du Catalogue collectif italien (Iccu) vient de publier un communiqué annonçant que les coupes budgétaires répétitives depuis plusieurs années les amènent désormais à envisager la rupture du service.

Je vous l'avais dit : c'est pas glamour, c'est de l'informatique bibliographique, mais c'est fondamental.

Un catalogue , c'est ce qui permet de faire des recherches dans la collection d'une bibliothèque. Vous savez bien : vous cherchez un livre, vous tapez le titre, ou l'auteur, ou le sujet, ou un mot du résumé que sais-je... et tada ! vous savez où le trouver ! C'est ce qui se cache derrière les moteurs de recherches, les fiches complétées pas des ouvriers du savoir, indexées pour que l'on trouve le document recherché. Un catalogue collectif, c'est ce qui permet d'unifier toutes les informations de toutes les bibliothèques pour permettre de vous dire où se trouve tel document dans la vastitude des collections italiennes, où qu'il soit... ça permet aussi de réduire les coûts puisque l'information est centralisée et redistribuée, au lieu d'être entrée dans chaque bibliothèque quel que soit le nombre d'exemplaires disponible dans le pays.

Bref, c'est le genre de travail qui rend la magie possible... Parce que la recherche, au sens "moteur de recherche" du terme, ce n'est pas de la magie moderne, c'est tellement facile de le faire croire, mais c'est terriblement faux : c'est des cables, des serveurs, et des données, et que ces données, ça se complète en base, ça se stocke et ça s'entretient. Et oui, ça coute de l'argent. Et oui, ça peut disparaître. Si demain le serveur qui stocke ces mots que je tape disparaît, qu'il soit explosé par une bombe, qu'il surchauffe parce que la clim a sauté, ou tout simplement que Canalblog fasse faillite et disparaissse corps et biens, et bien ces mots disparaitront de même. Ces mots n'ont pas d'importance. Ce qui en a par contre, ce sont des siècles de documentation sur les collections patrimoniales d'un pays et l'accès qu'on y donne.

La destruction du Catalogue est moins grave que la destruction physique de la Biblioothèque, certes. Mais une Bibliothèque dont le catalogue disparaît devient peu à peu invisible. Et alors, il devient tellement plus simple de la faire disparaître, peu à peu. Ou bien, et voilà qui serait très XXIe siècle, de la privatiser...

Posté par elsia à 15:22 - Parfois il faut se lever et dire les choses - Commentaires [0] - Permalien [#]

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