06/04/07
10/03/07 - Fenêtre sur ciel, march 2003.
Quand je dis que je peux passer des heures à regarder le temps passer, on ne me croit pas, mais c'est vrai, bel et bien vrai. Le temps qui passe est une révélation de laquelle je ne me suis jamais remise, le temps passe et l'on passe avec et c'est ainsi irrémédiable. Mais parfois aussi d'une telle douce beauté. Je ne sais pas vivre avec un toit au-dessus de ma tête, j'ai aimé cet endroit pour ses 5 étages de pierre de volvic, pour ses poutres et ses pentes et pour les carrés immenses de ciel. Je ne sais pas comment on peux aimer une pièce sans velux, j'aime les espaces miniscules, repliés, mais avec une fenêtre sur ciel, un placard en sous-pente avec vue sur ce qui noie, bombarde, enneige, écrase, éblouit, décolore, bleuit, refroidit, gémit, rosit, rougit au dernier soir ou grisaille de craie sale, sur ce qui passe toujours et ne vous attend pas, sur un tableau mouvant qui ne vous reflète pas.
Musique : Lock and Key de Eagle*Seagull (les magiques concerts à emporter du moment de la Blogothèque)
Commentaires
Comme je te comprends... PAs de Velux, chez moi, mais une seule grande fenêtre, maison ancienne oblige, et une curieuse surprise de beau dimanche en me levant : pas de troisième dimension, aujourd'hui, donc une quatrième, un autre point de vue sur ma vue quotidienne, l'immmeuble en face, de l'autre côté de la cour, est toujours aussi net, la rue à gauche aussi, mais rien d'autre, derrière la ville s'est dissoute, du gris épais, aérien, sombre, du beau gris lourd de popeline qui va bien avec les toits d'ardoises, quelque chose qui me met de mauvais humeur d'ordinaire mais qui me ravit ce matin tellement c'est beau, un paysage sans épaisseur, un brouillard comme on n'en fait qu'ici.
Les Velux, ça change les appartements en tente canadienne et la vie en aventure. Non ?
