24/03/07
07/06/06 - Intercalé
Lorsque j'étais au lyçée, j'ai passé un jour mon classeur de math à un professeur remplaçant. A l'intérieur, il y avait une intercalaire bleue, l'intercalaire de mes 17 ans, on en a tous une, raturée, dessinée, avec des mots partout, des citations, des inspirations du moment, des gribouillis et des chefs-d'oeuvre. Quand il m'a rendu mon classeur, à l'arrière de cette intercalaire, il vait laissé quelques mots, des paroles de Thiéfaine, d'Exil sur une planète inconnue.
En farfouillant dans mes notes pour mon départ vers le concours de Conservateur de Bibliothèques (je suis pas admissible à celui de Bibliothécaire d'ailleurs, et ma commande du dernier Rentrer en Soi a été annulée par yesasia, non, vraiment, c'était une bonne journée, hier), j'ai retrouvé cette intercalaire, pincement, forcément, j'ai l'impression que c'était hier et pourtant à l'écrire là, ça fait cliché de vieux souvenirs, le parquet de la salle de cours, les petits carreaux de la porte, c'est loin, maintenant je me souviens, que c'est loin.
"En ce temps-là, le rien s'appelait quotidien
Et nous allions pointer dans les jobs interdits.
Dans les musiques blêmes, dans les sombres parfums
Dans les dédales obscurs où plane la folie.
Et nous avions des gueules à briser les miroirs,
À ne montrer nos yeux que dans le contre-jour,
Mais entre deux délires, entre deux idées noires,
Nous étions les plus beaux, nous vivions à rebours.
Nous étions les danseurs d'un monde à l'agonie,
En même temps que fantômes conscients d'être mort-nés.
Nous étions fossoyeurs d'un monde à l'agonie."
Commentaires
oh excellent! Je me rappelle très bien de cette histoire là!
Commentaires
"Exil sur planète fantome" plus exactement... Superbe texte.
"En ce temps-là les gens s'appelaient "Citoyens"
Mais nous étions mutans, nous étions androgynes
Aujourd'hui la tempête a lynché mes copains
Et je suis le dernier à rater mon suicide..."
